BORIS IS KING

One of the first consumer chess computer - Un des 1er ordinateurs d'échecs

     Mises à jour                                                                                 English version 

  • En décembre 2007, le MATCH du siècle Boris VS l'Internet  (plusieurs parties jouées contre des Internautes).
  • En juin 2008, un article de Popular Mechanics présentant un match CC 10, Boris, CompuChess II et Chess Champion.
  • En juillet 2008, la nouvelle section Inscription qui vous permet d'être informé des nouveautés sur le site.
  • En juillet 2008, un toute nouvelle section de vidéos avec des documents de meilleure qualité et de nouveaux vidéos de Boris en action.

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Bonjour, mon nom est Daniel Collin, je suis un collectionneur d'ordinateurs d'échecs passionné par les appareils de la fin des années 70 et début des années 80 (la préhistoire des ordinateurs d'échecs grand public). J'ai décidé de créer ce site essentiellement pour partager cette passion. Je m'intéresse particulièrement aux machines qui utilisent un clavier pour entrer les coups.

Ces machines sont plus des calculateurs de positions que de vrais bons adversaires informatisés. En effet, ce sont des ordinateurs qui ne peuvent établir de stratégie, ils ne font que calculer le maximum de possibilités (limité par le temps imparti et la lenteur de leur processeur...). On appel cette méthode de calcule «Force brute» (j'y reviendrai).

À l'époque, l'apparition de ces «Machines savantes» intriguait et fascinait les gens :
 

«Enfin, un adversaire qui est toujours disponible et qui ne proteste pas si on l’arrête au moment où il prend le dessus !!!» Toutefois, nous le verrons, les amateurs d'échecs désenchanteront très rapidement car le potentiel de ces «cerveaux électroniques» demeure encore très limité, leur niveau de jeu assez médiocre et leur prix tout à fait astronomique pour l'époque ; un Boris se vendait 300$ US en 1977 (à titre comparatif, aux É-U, le salaire moyen d'un enseignant était de 257$ / semaine à l'époque).

Sur ces machines, les coups sont entrés par l'entremise d'un clavier (et non pas via un plateau sensitif). Mon manufacturier préféré est la compagnie Applied Concepts Inc. (Chafitz), cette entreprise du Texas fabriquait le fameux Boris (et ses descendants).

Plus bas sur cette page, vous trouverez 3 modèles fabriqués par «Applied Concepts Inc» qui portent le nom de Boris : le
Boris, le Boris Master, le Boris Diplomat et le Boris Diplomat II. Il y en a un 4e, que je ne possède pas, le Boris HANDroide; une machine qui déplace ses pièces elle-même.

Je possède aussi d'autres ordinateurs d'échecs à clavier qui ne sont pas de la firme «Applied Concepts Inc» :

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«Boris» (février 1978)

 

 

C'est un des premiers ordinateurs d’échecs disponibles pour le grand public. Les éléments électroniques sont contenus à gauche dans un élégant boîtier en noyer (document du US Patent and Trademark Office concernant la présentation de Boris), à droite, dans ce même boîtier, se trouve un espace où l'on range l'adaptateur et les pièces d'échecs fournies avec l'appareil. Pour jouer, on doit entrer ses coups via un clavier. Il n'a pas de niveaux proprement dits, pour ajuster sa «puissance» de jeu, on règle un compteur (de 0 à 99 heures, 99 minutes, 99 secondes) qui détermine le temps alloué à «Boris» pour calculer son coup.

 

Les information de jeu sont fournies via une fenêtre de 8 digits de led's rouge de très bonne qualité (disposés sur une ligne). Cette fenêtre permet d'entrer les coups, de voir les réponses de la machine, de voir clignoter le coup envisagé durant ses calculs, d'ajuster l'horloge interne et d'éditer des positions (rangée par rangée) à l'aide de caractères spécifiques aux «Boris» (document du US Patent and Trademark Office concernant les caractères de Boris). Une autre fonction très intéressante de cette fenêtre est la possibilité de regarder la machine déplacer ses pièces durant ses calculs (regarder la vidéo).


Une particularité «marketing» novatrice pour l'époque; «Boris» fait des commentaires à l'occasion sur vos coups, comme par exemple, le célèbre «Boris plays Black» (lorsque l'unité est mise sous tension), «Have you played before?», «Spot me a queen», «Are you rated?», «Is this a trap?», «I need help», «May I cheat?», «Illegal move», etc. Ces commentaires sont générés de manière aléatoire et n'ont évidemment aucun lien avec le coup joué...

 

Voici un survol des fonctionnalités de «Boris» qu'il est possible de consulter à l'endos de son manuel d'instructions.

 

[processeur F8-7826 MOSTEK MK3850N-3- 1Mhz - 8bit - 2.5 ROM]

 

Pour plus d'informations sur les processeurs MOSTEK.

«Boris Master» (1979)

 

 

Une variante du premier «Boris». Ce modèle est doté de la qualité de finition esthétique que le «Boris» précédent il est également pourvu de la même architecture technologique (mis à part l'ajout d'un module électronique qui semble destiné à gérer l'utilisation des piles rechargeables). Toutefois, il est doté de caractéristiques très novatrices pour l'époque. Ses principales particularités sont les suivantes, dans la partie du centre (entre le clavier et le compartiment des pièces) on a logé des piles rechargeables qui permettent au «Boris Master» :

  • de fonctionné sans être branché secteur;
  • mais aussi et surtout de garder la position d'une partie en cours en mémoire sans devoir garder l'unité «allumée» constamment. Il est donc possible d'interrompre une partie et de la reprendre plus tard sans devoir reconstruire la position dans la machine.

Ce qui fait du Boris Master le premier ordinateur d’échecs au monde pouvant fonctionner hors secteur (sans être branché au mur). C’est sans doute également, le premier à pouvoir garder la position courante (la partie en cours) en mémoire.

 

Sur le modèle antérieur, si on éteignait l'unité, la mémoire se vidait. Ainsi, au moment de remettre l'unité sous tension, on revenait à la position de départ ... En conséquence, si l'on désirait continuer une partie déjà commencée, on devait «reconstruire» la position pièce par pièce dans le «cerveau» de «Boris».

 

Sur le «Boris Master», on branche l'adaptateur à l'arrière via une fiche amovible (sur le Boris précédent, le fil de l’adaptateur est soudé directement sur l’unité à l’intérieur du compartiment des pièces). Une autre particularité de ce modèle; on a changé les commentaires que «Boris Master» donne sur certains coups du joueur humain (il aurait été préférable d'utiliser cette intervention dans la mémoire de l'appareil pour créer une petite bibliothèque d'ouvertures).

 

Mise à jour - ATTENTION concernant les informations du paragraphe précédent -  Je me suis rendu compte que des unités du Boris conventionnel ont été commercialisées (en amérique comme en europe) avec des fiches électriques à l'arrière comme pour le Master. En outre, ces unités affichent le message du Master à leur mise en fonction «Boris awaits your move» plutôt que le «Boris plays black» des Boris conventionnels. À l'évidence, on a utilisé les unités électroniques du Master pour produire des Boris conventionnels...

 

P.V.I. La carte de garantie d'un «Boris Master».

«Boris Diplomat» (1979)

Pour le Diplomat, on a délaissé le bois pour le plastique. Cela en fait un appareil plus léger et moins coûteux. En effet, le Boris Diplomat se vendait entre 120$ et 140 $ US en 1980 (le «Boris» standard se vendait 299$ US en 1977). L'allure est moins noble et certains trouvent ce modèle carrément affreux... Mais cela dépend du goût de chacun : mon garçon de 9 ans le trouve vraiment cool et honnêtement, moi aussi. C'est, à mon humble avis, une tentative intéressante de créer un modèle réellement portatif.

En effet, on peut distinguer, à droite de l'unité, un mini échiquier (non relié électroniquement au reste du jeu) et de petites pièces qui s'insèrent sur la surface de jeu, le tout recouvert d'un couvercle de plastique transparent. Une autre particularité qui ajoute à son côté portatif; bien que l'unité peut être branché secteur comme les autres, il est aussi possible de la faire fonctionner grâce à 6 piles alcalines (non rechargeables). 

On doit encore entrer ses coups via un clavier qui est situé devant l'unité. On remarque que, comme pour les autres «Boris», les information de jeu sont encore fournies via une fenêtre de 8 digits de led's rouge (sur une ligne). Mais l'affichage est plus petit et les caractères spéciaux qui représentent les figurines sont différents de ceux utilisés par les deux autres modèles (les caractères du Boris Diplomat sont plus petits, moins détaillés et prêtent plus à confusion). À cet effet, il faut souligner que les digits électroniques des Boris et Boris Master sont beaucoup plus complexes et permettent une bien meilleure représentation des pièces du jeu d'échecs. À mon avis, les digits des Boris et des Boris Master sont un exploit technologique pour l'époque. 

Par ailleurs, la fenêtre fournie le même type d'informations que sur les deux modèles précédents. Finalement, l'appareil ne fait plus de commentaires comme le faisaient les deux «Boris» précédents. Mais ce retrait de la mémoire de l'appareil n'a pas servi a y ajouter une bibliothèque d'ouvertures car le Diplomat en est toujours dépourvu.

Ce modèle possède un processeur différent mais aux performances très semblables aux deux «Boris» antérieurs (l'architecture électronique est toutefois différente), curieusement, malgré qu'il est été mis sur le marché 2 -3 ans plus tard, il réussit moins bien dans la résolution de problèmes... Bien que certain autres sites parlent d'un processeur AMI 7839, dans mon Boris Diplomat, je vois un processeur qui arbore le logo Motorola avec différents chiffres. Toutefois, malgré mes recherches, ces chiffres ne semblent associés à aucun produit Motorola (je suis encore en pleire recherche sur le sujet...). Je précise dès que possible.

P.S. Il existe aussi un modèle de couleur brune de la même machine; le «Boris Diplomat II». Il est présenté ci-dessous.

[processeur Motorola ? SC 80265P (7930) - 1Mhz ? - 8bit - 2.5 ROM]

«Boris Diplomat II» (1979)

Le Boris Diplomat II, mise à part sa couleur, est exactement la même machine que le Boris Diplomat bleu présentée plus haut. Toutefois, je dois avouer que dans sa présentation brune il fait meilleure impression et qu'il a une allure plus noble.

On remarque aussi que dans cette version, que le petit plateau de jeu a plus fier allure car on y a donné la même présentation 2 tons que pour le clavier. Cela a non seulement pour effet de lui donner du relief, mais on y distingue aussi beaucoup plus facilement les coordonnées des colonnes et des rangées.

Je suis particulièrement fière de cette acquisition. En effet, cette machine a été commercialisée chez moi au Québec. Le distributeur était localisé à Montréal. La boîte est à 50% francophone et il est même possible d'y lire ce commentaire du champion canadien d'échecs de l'époque, Jean Hébert, un Québécois ! - «...pour tous, indépendamment de l'âge et de la force du joueur...». Voici les 3 côtés francophones de la boite. Fait amusant, vous remarquerez que les concepteurs marketing de la boîte n'étaient pas, de toute évidence, des joueurs d'échecs puisqu'ils ont disposé les pièces blanches au haut de l'échiquier de jeu sur la photo de la boîte !

Une autre caractéristique inédite de cet achat est le livret d'instructions francophone offert avec la machine. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas un manuel destiné à la France simplement mis dans une boîte pour l'Amérique francophone. En effet, imprimé à même le livret, on trouve à l'intérieur le nom, l'adresse et le numéro de téléphone du distributeur Montréalais du jeu «Le Centre de service Boris». Il est amusant et surprenant de constater que sur la page couverture du livret on a même pris la peine de traduire le sloguant corporatif de Boris. En effet, de «Boris is king», il devient «Boris est le roi» ! Il est intéressant de noter qu'à ce jour, je n'ai jamais trouvé sur le WEB de manuel d'instruction en langue française pour le Boris Diplomat (ni pour aucun autre modèle Boris de la firme Applied Concepts). Pour votre information, voici d,autres documents :

En ce qui a trait à son architecture technologique, le Boris Diplomat II est identique au Boris Diplomat bleu. Seuls certains numéros de pièces diffèrent. Dans celui que je possède, le logo Motorola n'apparaît pas sur le processeur du Boris Diplomat II (il apparaissait sur le processeur du Boris Diplomat bleu).

 

Des défauts de «jeunesse»

 

Bien que ces machines (les Boris, Boris Master et Boris Diplomat) marquent un premier pas important dans la «démocratisation» des échecs informatisés, elles n’étaient pas exemptes d’importantes lacunes. Entre autres :


Absence de niveaux de jeu pré-déterminés

 

Les Boris ne disposaient pas de niveaux de jeu pré-déterminés, comme je le mentionnais plus haut, pour ajuster la profondeur de leurs recherches on doit entrer le nombre de minutes que l’on octrois à la machine (- de temps = niveau faible, + de temps = niveau de jeu fort). Le désavantage de cette méthode est que même pour des coups évidents, comme dans un échange de pièces, la machine prendra tout le temps alloué pour donner sa réponse (à moins qu'elle n'identifie un MAT). Cela à pour conséquence de prolonger indûment la durée de la partie.

 

J'ai remarqué que l’horloge interne des Boris ne calcul pas vraiment des secondes et des minutes, ce sont plutôt des unités de temps standardisées… Ainsi, j’ai pu valider que sur tous les Boris dont je dispose, aucune horloge ne tourne à la même vitesse. D’ailleurs, il est mentionné ceci dans le manuel d’instructions du Boris Diplomat : «Note that BORIS Diplomat’s timer is not designed as an accurate timepiece, but will chronicle standardized time units for comparative play».

 

Absence de bibliothèque d'ouverture

 

Les Boris ne disposent pas d'une bibliothèque d’ouvertures. En conséquence, dès le premier coup, la machine doit calculer sa réponse sans pouvoir compter sur des schémas de coups pré-mémorisés. En plus d'éterniser la partie, cela donne lieu à toutes sorte de début de parties bizarres qui défient toutes les règles fondamentales de l’ouverture aux échecs… Cela a aussi pour effet de placer rapidement les «Boris» dans des situations précaires en début de partie.

 

À cet égard, la mémoire (déjà minime) aurait été beaucoup mieux utilisée si on y avait stocké quelques séquences ou variantes d’ouvertures de 5, 6, 7 coups plutôt que d’y mettre des commentaires loufoques qui n’apportent rien au niveau de jeu de l’ordinateur et qui occupent de l'espace mémoire inutilement.